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Confessions d’un gars de réception #8

Posted in affiches, confessions d'un gars de réception, noir, travail with tags , , on 28 février 2011 by misterlove

La semaine dernière, alors que je perdais mon temps dans l’entrepôt travaillais comme un fou, j’ai découvert qu’un de mes collègues souffre d’un trouble du sommeil.  L’insomniaque mystère, dont je tairai l’identité (puisque j’ignore de qui il s’agit), a trouvé une manière ingénieuse de reprendre des « zzz » sur les heures de travail.  Effectivement, le plongeur en apnée du sommeil s’est construit un abri de fortune à la Saddam Hussein dans le fond d’un rack et y a installé un véritable lit de roi:

Puisque j’avais beaucoup trop de temps libre je suis un employé modèle, j’ai décidé de remettre sur le droit chemin ce pauvre gaillard qui doit avoir la moitié des vertèbres annihilées.  Pour ce faire, j’ai condamné le trou d’homme clandestin et j’ai affiché clairement qu’il s’agissait d’une zone de non-sommeil:

Un jour, il me remerciera.

Confessions d’un gars de réception #6

Posted in animaux, confessions d'un gars de réception, géographie, noir, travail with tags , , on 1 septembre 2010 by misterlove

Mes chers amis,

je crois bien avoir résolu un des grands mystères de l’humanité: les origines du Big Foot.  De fait, alors que mes collègues et moi déchargions un container du Bangladesh rempli de serviettes et de débarbouillettes cheap, nous avons trouvé ceci:

Donc, selon moi, la bête poilue mythique cache son identité et se fond dans la masse en travaillant dans une usine de textile au Bangladesh.  Puisque ses pieds sont absolument gigantesques, d’où le surnom « Big Foot » (brillant, n’est-ce pas?), aucune compagnie de chaussure ne peut lui fournir une pointure adéquate, ce qui explique qu’il charge les camions nu-pieds.  Je trouve louable que des compagnies comme notre fournisseur donnent du travail aux minorités visibles du monde des légendes, ce qui aide à combattre la xénophobie envers les monstres à pilosité imposante.

Afin de ne pas passer pour un fou quand j’expliquerai ma théorie au monde entier, je placerai ces photos dans mon casier « Preuves que le paranormal existe », un peu comme dans Eerie Indiana.

Confessions d’un gars de réception #5

Posted in confessions d'un gars de réception, nourriture, quotidien, rose, travail with tags , , , , on 1 mai 2010 by misterlove


Si vous avez lu les autres entrées des Confessions, vous savez que je travaille dans une shop (deuxième environnement de travail le plus mâle, après un chantier de construction).  Eh bien, malgré le préjugé que les entrepôts d’usine sont souvent des nids à colons et à douchebags, je dois dire qu’un de mes collègues s’efforce de faire disparaître ce mythe.  Puisque je dois préserver l’anonymat de ce véritable révolutionnaire, nous appellerons ce gentilhomme Monsieur G.

Alors, Monsieur G., pour contrebalancer le stéréotype du travailleur d’entrepôt qui porte toujours des chemises carrotées bleues ou rouges, décide de mettre un magnifique coton ouaté qu’il a remporté dans un concours de boisson alcoolisée.  Pour préciser, le « G Man » arbore un sublime chandail Budweiser rouge et blanc, lequel souligne efficacement la forme sensuelle de son pot de bière.  Mais, il pousse l’audace encore plus loin.  Effectivement, au lieu de teaser ses collègues en portant cet incroyable gilet une seule fois par semaine, il le revêt 4 jours ouvrables de suite et ce sans le laver.  Franchement, ce Monsieur G est une vraie carte de mode.

Bien que mon cher camarade de boulot soit audacieux avec ses vêtements, c’est avec sa créativité culinaire qu’il milite le mieux contre les clichés du « colon de shop« .  De fait, au lieu de manger des vulgaires hot-dogs traditionnels, il réinvente cette complexe recette avec brio.  Ainsi, il remplace le classique pain à chien-chaud par deux tranches de pain sandwich POM et, au lieu d’y insérer une seule saucisse, en place plutôt quatre!  Le résultat?  Un incroyable hot-dog quadruple, dont le jus de saucisse steamée imbibe les tranches de pain blanc.  Bien sûr, le ketchup fait un caméo dans ce chef-d’oeuvre gastronomique.

Pour terminer, je voudrais remercier Monsieur G d’être un aussi fervent défenseur de la réputation des gars de shops.  Merci de ne pas nous faire passer pour de sals crottés.

Osti d’colon.

Confessions d’un gars de réception #4

Posted in animaux, confessions d'un gars de réception, noir, travail with tags , , , , , , on 27 février 2010 by misterlove

Vous savez, dans n’importe quel milieu de travail, certains fins-finaux trouvent toujours des excuses inventives pour rater une journée ou deux de boulot.  Par exemple, vous avez sans doute déjà entendu le classique: « J’ai la gastro, je vais rester à la maison pour nettoyer les dégâts »  ou l’immortel : « Je suis hangover, arrête de remplir ma boîte vocale ».  Cependant, au cours de mes quelques années de travail saisonnier en tant que commis de réception, je crois sincèrement avoir entendu les justifications d’absentéisme les plus absurdes/mensongères de tous les temps.  Voici d’ailleurs un court palmarès des meilleurs prétextes pour faire le « travail buisonnier », concoctés par d’anciens collègues:

  1. « Y’a pu de gaz dans mon char. »  Ouin, ben au pire tu vas en mettre…  Sinon, y’a un système bien pratique qui s’appelle le transport en commun.
  2. « Je trouve pu mon char. »  C’est sûr que si tu trouves pas ta voiture, ça va être dur de trouver une station service pour mettre de l’essence.  Notez que cette excuse a été donnée par la même personne, à deux occasions différentes.  Un vrai génie.
  3. « Y’a une moufette dans mon appartement. »  Bon, si je comprends bien, Pépé le Pew est entré par effraction et tu veux pas le laisser dans ton appartement de peur qu’il séduise ta chatte?  Ça sent pas bon cette histoire.
  4. « Je peux pas rentrer, la charrue a pas déneigé le chemin devant ma maison. »  Damn, t’habites où, à Iqaluit?
  5. « Je pourrai plus rentrer, jamais.  Chu en tôle. »  Pas de problème, finalement on n’avait pas vraiment besoin de toi!

Alors, si un jour vous cherchez une raison pour ne pas aller bosser, sentez-vous bien à l’aise de piger parmis celles-ci, car, même si vous pensez sûrement qu’il s’agit de pure fiction, tous ces ridicules prétextes ont réellement été utilisés.  Juré.

Confessions d’un gars de réception #3

Posted in confessions d'un gars de réception, noir, rose, sexe, travail with tags , , , , on 12 février 2010 by misterlove

Ce matin, alors que j’avais les yeux à moitié ouverts et à moitié collés avec de la glue de sommeil, j’ai entendu sortir de la bouche du camionneur le plus mâle de Laval la réplique la plus virile, masculine et autoritaire qui soit.  Effectivement, alors que mon papa venait de terminer le déchargement de son camion – oui je travaille avec mon géniteur! – le flamboyant trucker en question lance avec panache:

Tiguidou mon minou!

Inutile de vous dire que ce genre d’approche cadre tout à fait avec l’environnement ultra-macho d’une warehouse. Mais, évidemment, cette conversation débordante de testostérone a remis en question ma propre masculinité et mon hétérosexualité.  Je me demande ce que je devrai dire ou faire pour regagner confiance en ma propre virilité et justifier ma place parmis les durs à cuire que sont les routiers du Québec.  Comment surpasser un tel niveau de « mâle-itude »?

Je ne sais pas.

Je ne sais plus.

Aidez-moi.

Confessions d’un gars de réception #2

Posted in confessions d'un gars de réception, prénom, rose, travail with tags , , , , on 24 janvier 2010 by misterlove

Puisque je travaille dans une réception de marchandises, j’ai le grand privilège et l’immense honneur de côtoyer un personnage fort coloré sillonant les routes glacées du notre Belle Province: le trucker.  Cet imposant énergumène, souvent vêtu d’une chemise carottée délavée, d’un manteau d’hiver beaucoup trop sal et d’une paire de bottes de construction trouée, utilise un language pour interpeller ma personne me laissant souvent l’impression que j’ai un grade dans l’Armée canadienne.

Je m’explique.

Effectivement, lorsque le camionneur entre dans l’entrepôt avec la démarche gracieuse d’un paon, les deux premiers mots qui sortent de sa bouche de linguiste pour me saluer peuvent ressembler à: « Bonjour…

Amigo, l’grand, chef, capitaine, boss, patron, champion, sergeant, lieutenant, adjuvant, major, colonel, général, etc. »

On dirait que tous les truckers ont une liste officielle de surnoms à utiliser dans leur semaine de travail, parce qu’à chaque jour, je n’ai jamais droit au même pseudonyme.  Fascinant.

Mais, mon titre préféré reste l’élégant et respectueux « l’gros », héritage sociotulturel légué par les génies de Loft Story.  Rien de mieux que de se faire rappeler que tu as un léger problème de surpoids par un Bob barbu qui doit peser 275 livres et qui se nourrit et s’abreuve de toute la crap offerte dans les shacks à patates des autoroutes.  Très valorisant.

Note aux camionneurs qui livrent à ma job: prochaine fois que tu m’appelles le « gros » j’te fais un flat avec mon exacto.  Merci.

Confessions d’un gars de réception #1

Posted in confessions d'un gars de réception, noir, quotidien, travail with tags , , , , , , , on 20 janvier 2010 by misterlove

À moins que vous écoutiez mes conversations téléphoniques (coquines), je vous annonce que je ne travaille malheureusement plus à mon club vidéo bien-aimé et ne suis donc plus en contact avec des clients au quotient intellectuel discutable.  Eh oui, j’ai fait une vraie Dominique Michel de moi-même en quittant deux fois le même emploi!  Heureusement, mon nouveau job, commis à la réception des marchandises dans un entrepôt de textiles (oui, je sais, la grosse vie…), me donne autant d’inspiration pour écrire de juteux billets sur le monde du travail.  Voici donc la première entrée dans la nouvelle série Confessions d’un gars de réception.

Comme l’endroit où je bosse est relativement immense, – quelque part entre un cabanon et le Stade Olympique – , la réceptionniste-secrétaire doit utiliser un système d’interphone pour communiquer avec la classe ouvrière dont fait partie votre humble narrateur.  Le problème? 1.  Le système d’haut-parleurs préhistorique produit une qualité sonore comparable à un téléphone construit avec deux cannes de soupe aux pois et un morceau de ficelle.  2.  Aussi sympathique soit-elle, la dite réceptionniste a tendance à prononcer certains mots de manière, disons, crissement incompréhensible particulière.  Ces deux facteurs, combinés au niveau de bruit relativement élevé dans la shop, créent quelques cocasseries auditives qui me donnent parfois l’impression d’avoir consommé des champignons magiques:

  • Lorsqu’un de mes collègues, nommé José Diaz, est interpellé par la voix venant du plafond, je vous jure que j’entends plutôt « José the Ass ».  À chaque fois, je trouve que c’est vraiment un surnom moche à avoir.  Vraiment.
  • Alors qu’un certain Robert est appelé (en anglais), je comprends à chaque coup « Raw Bird ».  Encore une fois, il pourrait s’agir d’un nickname difficile à expliquer ou d’un mets chinois dans un restaurant aux pratiques suspectes.
  • Et puis, quand un Raymond ou l’autre est demandé en quelque part dans l’entrepôt, je suis persuadé d’entendre « Rain Man ».  Pendant une minute ou deux, je regarde autour de moi pour voir si Dustin Hoffman ne serait pas venu faire un tour à Laval pour s’acheter des serviettes.  Déception.
  • Finalement, lorsque votre cher blogueur est demandé sur une ligne téléphonique, son nom de famille « Milliard » se transforme en impressionnant son de chat: « Miyaôu » ou « MIIIIIIIAAAAAAAAAOOUUUU ».  Oui, oui.  Pas de blague.  Puisque je ne parle pas encore le dialecte des chats, je suis toujours confus et manque tous mes appels.

Pour régler ce problème, deux solutions sont envisageables: a) Changer le système d’intercom ou b) Changer légalement le nom de tous les employés.  J’opte pour la seconde possibilité, puisque j’ai toujours rêvé d’avoir un rugissement de félin sur mes pièces d’identité. Mon idée est moins cool pour M. Diaz par contre…

MIAAAAAAAAAAAAAAAAAOOOOOOOOOUUUUUUUUUUUUUUUUU.