Archive pour disaster movie

Confessions of a Video Clerk #6

Posted in confessions of a video clerk, noir with tags , , , , , , , , on 23 mars 2009 by misterlove

sweeney todd

Puisque j’ai survécu au lancement de Twilight en DVD, en fait je ne travaillais pas cette journée-là, je peux maintenant partager avec vous quelques constats sur la location de films.  Après plus de 6 mois à observer la clientèle, je crois avoir compris les différentes techniques qui mènent au choix d’un DVD.  Les voici.

1. Ordre alphabétique

Certains clients, à l’esprit cartésien ou simplement trop paresseux pour faire le tour du magasin, sélectionnent les films qu’ils empruntent une lettre à la fois.  En effet, ils choisissent une section de l’alphabet et optent pour deux ou trois films voisins.  Ainsi, avec cette approche logique et mathématique, ils croient un jour avoir vu TOUS les DVDs que nous offrons.  Deux problèmes.  Premièrement, nous recevons cinq ou six nouveautés par semaine, donc, selon mes calculs, un client qui utilise cette technique pourrait passer sa vie à visionner des oeuvres qui commencent par A.  Conséquemment, cela veut dire qu’il ne ressentirait jamais l’incommensurable joie de voir Disaster Movie.  Deuxièmement, rendu à la lettre H, le méthodique consommateur devra louer The Happening et possiblement mourir d’un anévrisme.  Qui a dit que le cinéma était un art inoffensif?

2. « Un ami m’a dit que c’était bon… »

D’autres personnes, incapables de se faire une opinion par elles-mêmes, ne jurent que par les suggestions de leurs amis.  Erreur.  Anecdote:

Madame entre dans le magasin, l’air fâché et gesticulant férocement.  Elle essuie l’écume sur ses lèvres et lance:

Ça monsieur, c’est le pire film que j’ai vu de toute ma vie.  Mon ami m’a dit que c’était bon, mais c’est vraiment ridicule.  C’est super violent, pis en plus, le monde chante!  Franchement…

Vous aurez compris que la cliente en question avait choisi Sweeney Todd:  The Demon Barber of Fleet Street.  Eh bien, vous savez quoi?  Du Tim Burton, étonnamment, ce n’est pas pour tout le monde.  Un peu comme le sexe anal.  Ah, et, for the record, les films dans lesquels les personnages chantent s’appellent des comédies musicales.  Je prends une chance, juste au cas où madame lirait Bipolaires.

3.  Demander au commis

De loin la stratégie la plus exploitée par la clientèle avare de films de qualité, la requête auprès du sympathique caissier est une arme à double tranchant.  Si l’employé en question s’est levé du bon pied, qu’il passe une bonne journée, qu’il fait beau dehors, qu’il vient d’avoir une promotion, qu’il vient de découvrir le secret de la vie éternelle et qu’il n’est pas trop occupé à passer le balais, celui-ci vous répondra avec une franchise désarmante et suggérera un chef-d’oeuvre ou deux.  Mais, si le même commis modèle se fait interroger pendant 20 minutes sur tous les films en magasin alors qu’il doit fermer dans 30 secondes, le résultat risque de varier.  En effet, lorsque le client empêche l’angélique commis de partir chez lui après une soirée de labeur, celui-ci devient aigre et propose les pires merdes qu’il peut trouver sur les murs:

Ok, prenez Chuck Norris’ Yoga Lessons, le film français Je crois que de battre mon coeur s’est arrêté, mais je vais bien, ne t’en fais pas.  Nous sommes ensemble, c’est tout pis Rachid Badouri en spectacle.  Ok, bye, on ferme.

En bonus, cette facette du service à la clientèle est illustrée à la perfection dans cet extrait du film Clerks:

Confessions of a Video Clerk #3

Posted in confessions of a video clerk, films, noir, travail with tags , , , , , on 12 janvier 2009 by misterlove

clerkscartoon

Cette semaine, deux extraits insolites de mes soirées occupées à louer les oscarisables Righteous Kill et Disaster Movie aux cinéphiles aguerris qui me font l’honneur de leur présence.

D’abord, alors que je venais de servir un gentil couple (aucun sarcasme: ils étaient vraiment sympathiques), la dame passe devant les films à vendre et dit à son conjoint:

Hein, y’a Godfather 2 et 3?  J’savais pas qu’y’en avait trois…

Et son mari de lui répondre:

Ouin, mais le 2 pis le 3 ça même pas rapport!

Bon, voyons voir.  Les deux suites sont réalisées par Francis Ford Coppola, comme le premier volet.  Ensuite, ces films sont inspirés des écrits de Mario Puzo, comme l’original.  Aussi, et c’est sûrement un hasard, on y suit la vie criminelle de la famille mafieuse Corleone du début à la fin de la trilogie.  Condamnez-moi au bûcher, mais je me dois de noter quelques éléments communs qui pourraient porter à tracer des liens entre ces 3 films…  Sujet à débat.

***

Par la suite, si vous voulez mettre un commis mal à l’aise, voici ce que vous devriez dire à votre prochaine visite dans un club vidéo:

Ouin, je sais que ça fait longtemps que j’suis pas venu, c’est parce que je viens de faire 18 mois de prison.

Et en plus, le « bling bling » client, qui souffre du syndrome je-suis-blanc, mais-je-crois-que-je-suis-noir, avait quelques 18 dollars de retard sur le classique canadien Trailer Park Boys.  Considérant son bagage carcéral, je lui ai laissé régler seulement la moitié des frais, pour l’instant.  Voyez-vous, il m’arrive d’avoir des moments de clémence envers certains clients qui pourraient me sauter au visage avec une machète. Je lui ai même offert une barbe à papa.  Bleue.

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